| Résumé |
Le Togo a réalisé en 2018, son premier Recensement Général des Entreprises (RGE), avec l'appui de ses partenaires techniques et financiers, afin de répondre aux attentes des utilisateurs, des décideurs publics, des investisseurs privés, des analystes et des organismes nationaux et internationaux.
L'objectif visé est de disposer d'un système statistique d'informations actualisé sur les entreprises des secteurs formel et informel sur l'ensemble du territoire national, de mettre à jour le répertoire des entreprises à des fins statistiques et de mettre en place une base de données informationnelles sur le secteur informel.
Cette opération d'envergure nationale a mobilisé d'énormes ressources financières, matérielles et humaines. Un budget de neuf cent cinquante-neuf millions neuf cent soixante-cinq mille cinq cent cinquante-trois (959 965 553) FCFA a été mobilisé. Une équipe technique de recensement avec ses différents démembrements a assuré l'organisation et la mise en oeuvre du projet. Six cent cinquante un (651) agents de terrain ont été formés et déployés sur le territoire national.
Le RGE a ciblé toutes les unités économiques du secteur formel et informel géographiquement localisées et exerçant sur le territoire national. Les tablettes Android avec l'application CAPI ont été utilisées pour la collecte.
Les informations collectées ont subi un exercice minutieux d'apurement de façon à disposer d'une base de données pour les analyses appropriées.
Au total, il a été dénombré 119 318 unités économiques réparties inégalement sur l'ensemble du territoire. Elles sont beaucoup plus concentrées dans les régions du Grand Lomé (62,9%), des Plateaux (10,3%) et Maritime (8,5%). Cette répartition spatiale donne six unités économiques sur dix installées au niveau communal pour quatre sur dix au niveau préfectoral.
Relativement à la main d'oeuvre employée dans les unités économiques, elle représente 67,7% dans les entreprises individuelles et 24,0% dans les sociétés. Les ONG et les associations, pour ce qui les concerne, emploient 9,3 % de cette main d'oeuvre.
Suivant la forme juridique, la population des entreprises au Togo est caractérisé par une individualisation des unités économiques avec 93,0% évoluant pour la plupart dans le secteur informel. Les sociétés ne représentent que 4,4% de l'entreprenariat. Les Institutions Sans but Lucratif au service des ménages (ISBLSM) désignées selon la forme juridique par la modalité « Autres formes » occupent 2,6%.
Par rapport aux caractéristiques socio démographiques des chefs d'entreprises, le RGE a révélé que les dirigeants de sexe masculin représentent 58,1 % et ceux de sexe féminin occupent 41,9%. Les dirigeants de nationalité togolaise représentent 92,9% tandis que les ressortissants des pays de l'UEMOA sont d'une proportion de 5,0%.
Par ailleurs, les dirigeants ayant un niveau d'instruction supérieur occupent 9,8% ; ceux du niveau du secondaire deuxième cycle, du secondaire premier cycle et du primaire représentent respectivement 13,4%, 34,0% et 27,1%. Les dirigeants n'ayant aucun niveau d'instruction sont de 10, 3%.
L'âge moyen des dirigeants varie entre 36 et 64 ans selon le secteur d'activités. La répartition des unités selon leur durée de vie montre que six unités économiques sur dix ont moins de 5 ans et 16,7% ont l'âge compris entre 5 et 9 ans. La majorité des entreprises est relativement jeune ; ce qui traduit un dynamisme, ces cinq (5) dernières années, dans la création d'entreprises au Togo. Institut national de la statistique et des études économiques et démographiques (INSEED)
Analyse des résultats du RGE 2018 au Togo XI
En 2016, les unités économiques ont réalisé un chiffre d'affaires de 2 797,0 milliards de francs CFA. Le Grand -Lomé concentre la grande partie du chiffre d'affaires avec 89,5%. Viennent ensuite les autres régions telles que la maritime 6,4% ; les plateaux 1,3% ; la Kara 1,2% ; la Centrale 0,8%, et les Savanes 0,8%.
Les résultats selon l'offre de prêt montrent que les services financiers ont accompagné essentiellement les entreprises individuelles dans le développement de leurs activités (96,6%).
Pour ce qui concerne la fiscalité, 35,4% des unités économiques jugent élevé le nombre d'impôts, contre 49,3% qui le trouvent acceptable. Cette question intéresse plus les unités formelles où un peu plus de six unités sur dix pensent que le nombre d'impôts est élevé.
Presque la moitié des unités économiques (49,8%) ayant recours au service judiciaire ont plus ou moins confiance à ce système tandis que 37,5% d'unités n'accordent aucune crédibilité au système judiciaire en ce qui concerne les règlements des litiges ou problèmes auxquels ils ont été confrontés.
Selon le RGE, sur 115 880 entreprises (établissements uniques) dénombré, 4,1% ont déclaré avoir recours au service portuaire dans l'exercice de leurs activités. L'un des principaux problèmes auxquels elles font face est la lourdeur administrative lors di traitement de leurs dossier.
L'environnement des affaires au Togo au cours de la période du recensement est diversement apprécié par les opérateurs économiques. Tandis que la majorité (60,4%) le juge pas très propice, 20,4% le trouve assez bon et seulement 4,4% des unités pensent que l'environnement des affaires est favorable au développement de leurs activités.
Dans le développement de leurs affaires, 61,7 % des unités économiques ont déclaré rencontrer des difficultés ; parmi elles, 61,1% sont des unités informelles. |