| Description |
Le Togo est un pays essentiellement agricole qui emploie plus de 70% de la population active et contribue à 23% du PIB. Le secteur est malheureusement sujet à des aléas climatiques et à la faible mécanisation qui affecte son développement. Aussi, plusieurs initiatives ont été prises par le gouvernement dans le secteur agricole depuis 2007 pour accélérer le progrès, réduire l'extrême pauvreté, la faim et promouvoir la croissance.
Les sévères crises alimentaires qui ont secoué le monde entier en 2007 et 2008 ont révélé la nécessité de suivre la situation alimentaire et nutritionnelle des ménages. Au Togo, l'insécurité alimentaire et nutritionnelle reste un enjeu de développement malgré la réduction de la faim révélée par le repli de l'indice global de faim entre 2000 (39,3%) et 2019 (23,9%).
Selon l'Enquête MICS 2017, la prévalence de différentes formes de malnutrition reste encore élevée par rapport aux seuils recommandés même si la prévalence de malnutrition aiguë avoisine le seuil de 5%, le retard de croissance est de 23,8%. Par rapport à l'alimentation des enfants de moins de 6-23 mois, seules 13,5% ont un régime alimentaire acceptable (régime qui respecte un minimum de groupe d'aliments différent) et une fréquence minimale de repas en fonction de l'âge. Cette situation est plus accentuée en milieu rural.
En outre, les analyses ont montré l'impact négatif de la pandémie Covid-19 sur le secteur agricole et par conséquent sur la sécurité alimentaire dans plusieurs pays d'Afrique subsaharienne, cette situation pourrait compromettre les revenus des ménages et l'accès aux aliments et par conséquent impacter la nutrition.
Toutefois, l'insuffisance et l'irrégularité des informations statistiques constituent un handicap important dans la conception, la mise en oeuvre, le suivi de projets et programmes de développement du secteur agricole et alimentaire.
Dans le but de prévenir et gérer les risques éventuels liés à la sécurité alimentaire et nutritionnelle (SAN), il est impératif de disposer des données y relatives.
C'est pourquoi dans le cadre de la mise en oeuvre du Programme de résilience du système alimentaire en Afrique de l'ouest (FSRP) financé par la Banque mondiale , il est prévu à travers la sous composante 1.1 « Amélioration des systèmes de prévention et de suivi des crises alimentaires » de la composante 1 « Services de conseil numérique pour la prévention et la gestion des crises agricoles et alimentaires », un appui à la direction des statistiques agricoles de l'informatique et de la documentation pour la réalisation d'une enquête agricole, alimentaire et nutritionnelle.
Cette enquête qui a servi d'étude de base sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle dans les cinq régions du pays, a permis d'avoir un large éventail des indicateurs auprès des principaux acteurs locaux et de disposer d'une large gamme des données et informations pour le cycle du cadre harmonisé de mars 2024.
Le présent rapport présente les résultats de l'enquête effectuée et s'articule autour des caractéristiques des enquêtés, les principaux chocs subis, la production agricole, 10
l'élevage, la pêche et pisciculture, la sécurité alimentaire et les besoins d'assistance aux ménages vulnérables. |
| Résumé |
L'un des objectifs poursuivis par le FSRP est de réduire la vulnérabilité à l'insécurité alimentaire et notionnelle dans la sous-région et en particulier au Togo. Pour ce faire, il est indispensable de disposer des informations fiables et à temps sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle afin d'apporter des réponses idoines dans le but de renforcer la résilience des ménages vulnérables. C'est dans cette optique que la présente étude a été menée en vue de renseigner les différents indicateurs de la sécurité alimentaire et nutritionnelle. A cet effet, la Direction des statistiques agricoles, de l'informatique et de la documentation (DSID), en collaboration avec la Division de la nutrition du Ministère de la santé a mené cette étude qui a reçu l'appui financier du Programme de Résilience du Système Alimentaire en Afrique de l'Ouest (FSRP) et du Secrétariat du CILSS.
L'enquête s'est déroulée auprès de 6460 ménages agricoles et non agricoles échantillons en milieu rural et urbain. En outre, les mesures anthropométriques (périmètre brachial) ont été prises auprès de 4551 enfants de 6 à 59 mois afin de déterminer leur exposition à la malnutrition aiguë. Le résumé des principaux résultats de l'enquête se présentent comme suit :
83,5% des ménages sont dirigé par les hommes contre 16,5% des femmes ;
54,3% des femmes chefs de ménages sont des veuves contre seulement 1,9% pour leur homologue homme ;
Dans la région Maritime, prêt de 55,3% des ménages enquêtés ont plus de 45 ans contre 41% dans les Savanes ;
Dans la région des Savanes, on note prêt de 44% des chefs de ménages qui n'ont aucun niveau d'instructions contre 19,7% dans les Plateaux. Seulement 45,7% des chefs de ménages ont atteint le niveau primaire dans Maritime contre 28,5% dans les Savanes. Le faible niveau d'instructions des chefs ménages est un signe de vulnérabilité et pourrait avoir des effets néfastes sur l'état nutritionnel des enfants surtout ceux de moins de 5 ans ;
L'analyse selon les toilettes utilisées, la majorité des ménages enquêtés utilisent les latrines à fosse traditionnelles sans eau (34%) et les traines à fosses ouvertes dans le sol sans eau, toit et mur (20%) ;
Par rapport aux principales sources de lumière utilisées par les ménages sont l'électricité à partir d'un générateur ou du réseau électrique (58%) et les torches (28%). A Ces deux principales sources, on note l'utilisation des lampes à piles (11%).
L'analyse selon les avoirs des ménages, révèle que les ménages enquêtés possèdent plus de capital physique (86,1%) que de capital social (9%) et capital financier (4,9%). Par conséquent ces ménages dépendent plus de capitaux physiques constitué de productions agricoles d'effectifs d'animaux d'élevage, matériel, et autres tels que le capital financier constitué d'essentiellement de revenus agricoles et non agricoles et d'épargne.
L'analyse de sécurité alimentaire et nutritionnelle avec l'outil de Cadre harmonisé et grâce aux données de la présente enquête, révèle qu'en période courante, la
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pire) pour 349 872 personnes, soit 5,7% de la population analysées (6 181 975).
60,7% des producteurs dont 60,5% des chefs de ménages hommes et 61,5% des chefs de ménages femmes ont déclaré avoir rencontré des difficultés dans leurs activités contre 38,5% des producteurs dont 38,7% des chefs de ménages hommes et 37,5% des chefs de ménages femmes qui n'en ont pas rencontré au cours des 3 derniers mois ;
63,3% des ménages éleveurs contre 36,7% ont déclarés avoir rencontré des difficultés en matière d'élevage au cours des 3 derniers mois.
L'accès aux engrais (60,5% dont 60,4% des chefs de ménages femmes et 60,5% des chefs de ménages hommes) a été la première des difficultés auxquelles les producteurs ont fait face au cours de la campagne agricoles 2023-2024. La Maladie des plantes/cultures (58,3% dont 60,0% des chefs de ménages femmes et 58,1% des chefs de ménages hommes) a beaucoup touché les cultures au cours de cette campagne agricole. Les ravageurs des cultures notamment les criquets, la chenille légionnaire, les catastrophes autres que maladies des plantes ont affecté près de 48,8% des agriculteurs dont 47,6% des chefs de ménages femmes et 49,0% des chefs de ménages hommes au cours de la campagne ;
Selon le score de la consommation alimentaire, l'un des indicateurs de résultats d'appréciation de l'état de sécurité alimentaire, l'enquête révèle que 55,8% des ménages ont un SCA acceptable, 29,1% ont une consommation alimentaire limite et 15,1% ont une consommation alimentaire pauvre. Comparée à l'année dernière à la même période, la situation paraît s'améliorée ;
Au niveau régional, les régions des Savanes (28,2%), Kara (14,2%) et Plateaux (11,8%) enregistrent plus de ménages avec des scores de consommation alimentaire pauvres ;
Le score de diversité alimentaire des ménages se fait sur la base d'une catégorisation en seuils, l'enquête révèle que 62,1% des ménages ont un SDAM élevé (= 6 groupes d'aliments), 28,3% ont un SDAM moyen (4 à 5 groupes d'aliments) et 9,6% ont un SDAM faible (1 à 3 groupes d'aliments) ;
Au plan nutritionnel, les résultats de la présente enquête (indiquent que 1,8% des enfants de 6-59 mois souffrent de malnutrition aigüe globale (PB < 125mm) dans la région Maritime, 1,0% dans la région des Plateaux ; 1,8% dans la région Centrale, 1.2% dans la région de la Kara et 1.3% dans la région des Savanes ;
Pour ce qui concerne la production agricole de la campagne 2023-2024, la production de céréales (maïs, sorgho, mil, riz paddy et fonio) est évaluée à 1 560 278 tonnes, soit une hausse de 8,36% par rapport à la moyenne 2018-2022, les tubercules (manioc, igname, taro, patate douce) est évaluée à 2 406 614 tonnes, soit 14,05% par rapport à la moyenne quinquennale et les légumineuses et oléagineux, s'établit à 552 090 tonnes, soit une hausse de 35,03% par rapport à la moyenne quinquennale.
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Les prix des denrées alimentaires pour la période de février à mars 2024 sont globalement en hausse par rapport à leur niveau de 2023 et à la moyenne quinquennale (allant de 20 à plus de 50%).
Les principales recommandations à l'issue de cette enquête consistent :
Apporter une aide d'urgence pour les populations en crise et urgence ;
Soutenir en intrants agricoles des ménages vulnérables pour la campagne à venir ;
Renforcer les infrastructures agricoles (aménagement des zones agricoles et promotion de la petite irrigation) ;
Améliorer la situation alimentaire des femmes notamment par l'appui à la diversité de production agricole (maraîchage et culture des aliments bio fortifiés) ;
Faire la promotion des mets locaux à travers la proposition de recettes culinaires au profit des femmes en âge de procréer ;
Assurer la collecte permanente des données statistiques relatives à l'analyse du CH (les indicateurs de SAN et du HEA) ;
Prendre des mesures idoines pour :
le suivi et la gestion des zones vulnérables à travers la mise en place d'un plan national de réponse basé sur l'analyse du cadre harmonisé et le ciblage des ménages vulnérables pour un soutien ciblé ;
la gestion de la production nationale (surtout dans les zones de fortes productions). |